Vendredi 23 novembre 18h
"Eh oui, encore moi ! Dans les concerts on appelle ça un rappel... C'est vrai que vos mails très sympathiques m'incitent à faire durer le plaisir. Pour l'heure, c'est Eole qui fait durer cette traversée puisque nous sommes scotchés depuis ce matin à quelques dizaines de miles de Salvador que nous espérions toucher bien plus tôt.
Tiens, en guise de rappel donc, je vous livre une image de la journée d'hier, le genre de moment critique où, en prenant quelques millisecondes de recul, on s'aperçoit du caractère grotesque de la situation dans laquelle on se trouve : je suis à l'extrémité arrière du flotteur tribord dont le safran a décidé de partir en goguette, tenant Lalou par les pieds qui, la tête en bas et sous l'eau à chaque oscillation du bateau, un marteau en main et une clé à molette entre les dents tente de chasser l'axe dudit safran, le tout sur fond de collines bleues, plus impressionnante quand on est au ras de l'eau. Et là j'ai eu franchement envie d'éclater de rire en nous voyant dans cette position ! Je vous rassure quant à la sécurité de l'opération, nous étions parvenu à stopper totalement le bateau.
L'affaire ayant duré deux heures, cela c'est fait au bénéfice des Caseneuve Mère & Fille et a peut être été déterminant. Mais c'est ainsi, c'est la course, et nous devons assumer ces déficiences techniques finalement mineures quand on pense que notre bateau a été mis à l'eau moins d'un mois avant le départ !
Au moment où je vous parle nous sommes encore en mer, je ne me risquerai pas à un pronostic d'ETA et vous renvoie à vos sites internet préférés.
Très amicalement
Pierre / du trimaran NIM par 12°44 S / 37°49 W à 17h00 TU le 23 novembre 2007 "
Jeudi 22 novembre 6h
" Alors que je sens, tout proche sur tribord, ce Brésil que j'aime, je vous propose un petit retour en arrière :
Le Havre, le mercredi précédant le départ. On m'a demandé de participer à une rencontre avec 300 enfants qui remplissent joyeusement la salle de conférence de la course. A la table des orateurs je suis très honoré de me retrouver entre Michel Desjoyaux et Franck-Yves Escoffier. Le présentateur donne la parole à Magali, 10 ans :
- Alors, Magali, pose ta question.
- Ben, ça sert à quoi de faire la Transat Jacques Vabre ?
- ...
Après avoir répondu à un certain nombre d'interviews, participé à des émissions radio et TV, je crois que je viens d'entendre la première question vraiment pertinente (n'en déplaise aux journalistes par ailleurs extrêmement professionnels et sympathiques que j'ai rencontrés !). Je ne me souviens plus exactement de ce que nous avons bredouillé comme lieux communs, mais je crains que nous n'ayons pas été capables d'apporter une réponse à la hauteur...
Du coup la question m'a travaillé pendant les heures de quart de la traversée. A la veille d'en arriver au terme, voici quelques uns des éléments de réponse qui me sont venus :
- Un tel projet sert à produire du rêve et de l'enthousiasme, qui sont de formidables moteurs dont le monde a besoin pour avancer.
- Il génère du lien social "gratuit" : c'est fou le nombre de rencontres que j'ai faites et qui n'auraient pas eu lieu sans cela, avec des gens extrêmement variés et sans qu'il n'y ait d'enjeu "intéressé".
- Et que dire du renforcement des liens avec les proches, les amis anciens et nouveaux : incroyables, la mobilisation autour du projet, la force du rêve qu'il contient !
- A titre personnel, c'est une grande satisfaction d'avoir pu mener à son terme un projet un peu fou (surtout avec la construction de ce nouveau bateau mis à l'eau moins d'un mois avant le départ de la course), avec des composantes humaines, techniques, physiques, financières et des obstacles de tous ordres à surmonter... Pas une heure ne s'est écoulée, durant les six derniers mois, sans que je ne pense au projet. C'est aussi un temps différent, dont j'ai conscience du privilège qui m'est donné de pouvoir le vivre, pendant lequel je me suis décentré du quotidien, le considérant sous un angle différent, pour y revenir probablement avec un autre regard.
- Et quand bien même cela ne servirait à rien de faire une transat, je revendiquerais le droit de faire des choses qui ne servent à rien !
Enfin je me souviens, quand je suis venu présenter notre inscription, les organisateurs après m'avoir écouté attentivement, avaient conclu par un mystérieux : "Vous verrez, vous n'imaginez pas les emm... que vous allez avoir, mais ce sera génial. " L'ensemble de la proposition s'est révélée exacte !
En tous cas cela aura permis à cette petite chronique d'exister, qui n'était pas du tout programmée. Ce rendez-vous quotidien s'est imposée spontanément et m'a donné le plaisir supplémentaire de pouvoir partager cette expérience.
Demain si tout va bien nous devrions arriver à Bahia et je n'aurais probablement pas trop le loisir d'écrire. Alors je clos là ma prose, en remerciant du fond du coeur mes proches, mes collaborateurs, et tous ceux qui m'ont aidé d'une manière ou d'une autre, ne serait-ce que par un simple message de soutien.
Merci à Lalou pour l'amitié, la confiance et l'expérience humaine unique de notre collaboration, et de m'avoir supporté pendant la traversée.
Et merci Magali, pour ta question ! "
Pierre van den Broek
Mercredi 21 novembre 9h
"Désolé pour le coup de blues d'hier... Il faut dire que nos nerfs avaient été mis à rude épreuve dans le Pot au noir et que, une fois revenu ce vent tant espéré, se retrouver péniblement à 10 noeuds dans cette mer casse bateaux et casse marin était franchement déprimant. Des trains de houle du nord, du sud et de l'est (manquait plus que l'ouest !) se croisaient pour former une marmite digne du raz Blanchard. Et puis ça s'est calmé progressivement, nous avons pu larguer un des deux ris pris et rouler la trinquette pour revenir au solent. La vitesse et le moral s'en sont trouvés tout de suite mieux, et les messages d'encouragement venus de terre nous ont galvanisé, même si on peut leur reprocher une tonalité parfois machiste quand vous nous parlez de "manger les gazelles" ou de " coiffer les nanas au poteau (noir)" !
Nous avons passé l'équateur vers 17h TU. Pas de rites particuliers, Lalou et moi étant déjà initiés, juste une petite photo souvenir (mais on ne voit pas bien la ligne sur la photo..). Et puis on s'est lâchés : trinquette et un ris dans la GV, vitesse moyenne du bateau de 16 à 18 noeuds à 90° du vent.
Coté confort, on peut faire mieux : sur le pont c'est la lance de Karcher à eau salée dans la figure, et à l'intérieur on a l'impression d'une descente perpétuelle et vertigineuse dans un bobsleigh fou... Et certains appellent ça de la navigation de plaisance ! "
Pierre
Mardi 20 novembre 9h
"Désolé, aujourd'hui c'est service minimum. Au près dans une mer hachée, c'est l'enfer. On a l'impression que le bateau va se disloquer à chaque vague.
Qu'est ce que je suis venu faire là alors que je pourrais être confortablement installé à mon bureau ? !"
Pierre
Lundi 19 novembre 12h
"Elle est bien loin la chevauchée euphorique de mon dernier message. La réalité du moment s'appelle Pot-au-noir, ou Zone Intertropicale de Convergence pour les érudits, et notre destrier ne manifeste aucune volonté d'aller de l'avant. En attendant nous sommes au spectacle, avec cette nuit un son et lumière très réussi : éclairs aux 4 coins de l'horizon, coups de tonnerre, trombes d'eau, et quand la lune daigne laisser percer son éclat blafard, c'est pour mieux mettre en évidence des formations nuageuses monstrueuses qui relient la mer et le ciel. Un vent totalement erratique ou aux abonnés absents ne nous a pas permis de gagner plus d'une trentaine de miles en 12 heures malgré nos manœuvres incessantes. Seul point positif de la nuit, chacun de nous a pu profiter pendant son quart d'une bonne douche gratuite (en s'efforçant de ne par rester la tête pleine de shampoing quand la pluie cesse).
Bon courage aussi aux terriens qui entament cette nouvelle semaine dans la froidure métropolitaine. "
Pierre
Dimanche 18 novembre 4h
"Installé sur le trampoline, au coeur de la nuit tropicale, je regarde, j'écoute, je ressens le bateau tracer son chemin entre ciel et mer. D'où me vient cette sensation de vertige : des 5000 mètres d'eau en dessous de moi ou des années lumières de galaxies au dessus ? Ou peut-être de cette impression de balancer entre ces deux extrêmes fascinants, aussi beaux et froids qu'hostiles...
Je m'agrippe au filet, qui est la crinière de mon destrier. C'est curieux, cet été sur le terre-plein de Port Médoc où était réalisé l'assemblage des différents éléments constituant le trimaran, ce n'était encore qu'un objet inanimé. Mais du jour où on l'a mis à l'eau, sa personnalité s'est révélée. Aujourd'hui il bouge, saute, gémit, hurle parfois et surtout galope, car c'est un cheval : un selle français de bonne lignée, puissant, 1,80 m au garrot (et autant sous barrot), de forte personnalité. Ne pas trop lui mettre de rênes (de barre), son mord est assez sensible. Il sait de lui même ou aller, un léger appui sur les jambes suffit à le conduire. J'apprends à suivre son mouvement, à le faire mien, je suis à l'écoute de ce qui peut le gêner, je cherche ce qui va lui donner des ailes (c'est un pégase maintenant...). Savoir le ménager, ne pas le pousser dans ses retranchements, la route est encore longue jusqu'à Salvador de Bahia..."
Pierre
Samedi 17 novembre 12h
"Quelques nouvelles du trimaran NIM tandis que nous entamons le14ème jour de course :
- les conditions de travail : il y a pire en métropole, d'après ce qu'on nous dit ; nous c'est quart de nuit en T-shirt. Quand même un peu chaud dans le bateau pendant la journée...
- la cambuse : merci à l'internaute charitable, amateur de stages de survie dans la jungle, qui nous a recommandé de faire macérer le riz dans de l'eau froide pendant 6 heures pour obtenir une pâte à mastiquer, mais entre-temps nous avons trouvé le joker : un bon stock de taboulé qui se satisfait très bien de l'eau froide !
- les exocets : amis de la nature réjouissez-vous, voici une espèce qui n'est pas en voie de disparition ! Le problème, peut-être du fait de la surpopulation, c'est qu'ils deviennent agressifs : deux attaques quasi-simultanées de kamikazes ce matin ! La première pour Lalou, paisiblement occupé à satisfaire un besoin naturel, attaqué lâchement dans le dos ; la deuxième pour moi, à la barre, qui me prend l'animal en pleine poire... Heureusement qu'on est plus solide que les Twin Towers !
- les manoeuvres : on abuse pas des changements de voile, ça fait 5 jours que le grand gennak est à poste... On se rattrape avec les empannages qu'on commence à bien maîtriser.
Allez c'est pas le tout, je retourne au boulot, on est en course ne l'oublions pas. Mais si les conditions s'y prêtent, cette nuit je tâche de vous faire un petit message supplémentaire.
Pierre
P.S. Bien reçu les messages d'encouragement et l'article des Echos. Merci à tous en général, avant de pouvoir le faire en particulier après l'arrivée !"
Samedi 17 novembre 3h
"Je réalise que mon message d'hier pourrait laisser penser que ce sont les caractéristiques du bateau qui font le classement. Alors je vais développer un peu d'autres facettes de cette activité complexe qu'est la navigation : en fait, sur un bateau comme dans une entreprise, on passe son temps à prendre des décisions, petites ou grandes, qui engagent l'avenir. Choix de route, bien sûr, choix de voilure, préparation des manoeuvres ou décision de se consacrer à telle tâche en anticipation d'une situation que l'on pourrait rencontrer, gestion très concrète de ses propres ressources (énergie, sommeil, nourriture), tout est décision, et la combinaison de l'ensemble détermine la bonne marche du bateau.
Concernant les choix de route, je me dois de parler de quelqu'un de très important qui, bien que restant à terre, vit la course aussi intensément que nous, il s'agit du routeur, qui n'est autre, en l'occurrence, que mon frère Bernard. Levé à l'aube, il relève notre position et évalue notre marche de la nuit. Puis il nous envoie par Internet un fichier météo qui nous donne les champs de vent à partir desquels nous allons déterminer la meilleure trajectoire, lui en utilisant les logiciels qui vont bien et nous en confrontant l'analyse aux observations locales. Les échanges peuvent être vifs : ainsi il y a 2 jours, lorsque nous quittions la côte africaine, Bernard préconisait un "contre bord" de 3 heures vers le sud. Conséquence pour nous : un double empannage, manoeuvre délicate avec en voile d'avant un gennaker de 200 m2 et une grand voile de 100 m2. "Facile pour ton frangin, bien au chaud chez lui ! " me dit Lalou. Autant dire qu'on était pas convaincus. Mais le frangin est têtu et un nouveau SMS tombe sur le téléphone satellite : "J'insiste, EMPANNEZ ! " Ce que nous avons fait, et qui nous a permis de négocier au mieux le passage de l'archipel du Cap Vert.
J'ai profité d'un moment plus calme dans la nuit pour écrire ces quelques lignes, je retourne maintenant sur le pont ! "
Pierre
Vendredi 16 novembre 15h
" Coucou les terriens !
J'imagine que certains profanes se posent des questions sur notre tableau de marche : pourquoi est-ce qu'on s'est mis d'un seul coup à doubler notre petit camarade moustachu (Négo pour les intimes) ? Alors petite explication : pour faire bouger notre bateau, il faut du vent ! Pour les autres aussi, certes, mais le notre, du fait des choix architecturaux qui ont été faits (coques volumineuses), présente une surface mouillée plus importante qui nous pénalise quand le vent est faible. Par contre quand le vent se lève (disons à partir de 15 noeuds) et pour peu qu'il y ait des vagues, la section en U de la coque centrale fait merveille pour glisser sur l'eau aux allures de portant auxquelles nous sommes. Ceci nous impose toutefois, pour être efficace, de barrer par nous même, le pilote automatique n'ayant pas notre coup d'oeil pour nous placer au bon endroit sur la vague. Bref dès que le vent monte on est scotchés à la barre mais il semble qu'on aille plus vite que les copains...
Donc celui qui est à la barre se concentre pour placer le bateau en haut d'une colline liquide pour profiter de la descente en surf. Quand à celui qui est à l'intérieur, il est voué à subir le sort de la bouteille d'Orangina (secouez-moi...), les mouvements d'un multicoque lancé à haute vitesse dans de la mer étant du genre violentissimes. L'ambiance sonore évoque les chutes du Niagara, avec de temps en temps de véritables coups de canon provoqués par l'impact des vagues. Au moment où je frappe (à grand peine) ces lignes sur le clavier, un hululement strident probablement provoqué par un safran, me signale que nous avons dépassé les 20 noeuds.
Bref "Le silence de la mer" est un beau titre de bouquin mais n'a rien à voir avec la réalité !
Ces jours-ci, l'alizé n'étant pas vraiment installé sur l'Atlantique nord, c'est 12 heures comme ça plein pot suivi de 12 heures de molle, etc. En tout cas l'équipage est sur-motivé par les encouragements qui nous parviennent pour tirer le meilleur parti de la situation !
A suivre... "
Pierre
Jeudi 15 novembre 14h
"La journée fut l'occasion de contacts rapprochés avec la faune atlantique. Pour commencer, au petit matin un visiteur s'invite à bord : il s'agit d'un exocet (couramment appelé poisson volant) de belle taille qui atterrit dans le cockpit à quelques centimètres du capot entrouvert menant à la cabine arrière et... au sac de couchage de Lalou ! Une forte mortalité est à déplorer parmi la population d'exocets du fait de crash aérien avec nos flotteurs ; on les entend claquer en rafales sur le bordé. Ces malheureux animaux sont programmés pour sortir de l'eau afin d'échapper à leurs prédateurs, dans notre cas c'est une mauvaise idée, et ceux qui sont restés sur le pont n'ont pas échappé au couteau de Lalou avant de finir en filets à sécher sur la filière arrière.
Puis nouvelle rencontre avec une baleine, pratiquement de la taille du bateau. Même scénario que la précédente : nous repérons son souffle. Cette fois elle est juste sur notre route et il faut nous détourner car l'animal ne semble absolument pas décidé à dévier sa route pour nous. Du coup nous lui passons juste sous le nez, sans provoquer de réaction.
Enfin, tandis que nous croisons au large du banc d'Arguin (Mauritanie), c'est toute la chaîne alimentaire qui s'est donnée le mot : les dauphins poursuivent les thons qui sautent pour leur échapper tout en traquant les poissons volants, sous les regards intéressés de toutes sortes d'oiseaux qui attendent leur tour.
A part ça, on a mis le turbo... mais chut, nos concurrents pourraient nous entendre !
The NIM crew "
Mercredi 14 novembre 08h
"On pensait avoir signé pour une course océanique, ces temps-ci cela tient plutôt de la croisière lacustre... Un zéphyr ténu nous hale à toute petite vitesse vers le sud, et encore à condition de tirer des bords de largue, le vent étant dans le sens de la route.
La nuit passée fut magique du fait de la phosphorescence de l'eau (due à des éléments du plancton, dit-on) à un niveau d'intensité que nous n'avions encore jamais rencontré. Le sillage formait un grande flèche lumineuse à perte de vue tandis que les safrans latéraux semblaient deux tubes néons plantés dans l'eau. Les flotteurs dont la silhouette se perdait dans le noir de nuit étaient ourlés d'un délicat filet luminescent et sous les trampolines une constellation d'étoiles générées par le mouvement de petits poissons suivant le bateau pour échapper à leurs prédateurs, faisait miroir à celles du ciel.
Pour l'heure un soleil jaune pâle se lève sur 360 degrés d'horizon bleuté mêlé de rose, à vous transformer un marin en poète... "
Pierre
Mardi 13 novembre 12h
"Cette nouvelle journée de petit temps ensoleillé nous porte à franchir une étape supplémentaire dans notre démarche hygiénique : le rasage. Problème, peu portés sur la coquetterie nous n'avons pas pensé à emporter un miroir à bord. Après investigation il s'avère que le couvercle de la casserole fait très bien l'affaire et nous voila rasés de frais !
Je réponds à votre curiosité concernant nos lectures : pour Lalou le livre du moment est "Histoire des Cathares" de Michel Roquebert, le catharisme étant un sujet sur lequel Lalou est intarissable. En ce qui me concerne, je suis suspendu à l'intrigue palpitante du "Parfum d'Adam", le dernier Jean-Christophe Rufin qui traite de la question des mouvements d'écologie radicale sous la forme d'un thriller planétaire.
Quant à la question culinaire, une épée de Damoclès risque de tomber sous peu : la bouteille de gaz se termine et il s'avère qu'à la suite d'un bug dans l'approvisionnement, les bouteilles que nous supposions de rechange sont vides ! Nous expérimentons dès à présent la douche solaire (poche plastique noire placée au soleil) pour faire cuire les pâtes !
Effectivement nous avons croisé une baleine, ou plutôt un cachalot de bonne taille. J'avais été alerté par des nuages de vapeur apparaissant à intervalle périodique : c'était son souffle, devant l'étrave, et nous sommes passés à quelques mètres de l'animal qui est resté heureusement pacifique.
Toutes nos amitiés en direction des terriens. "
Pierre
Lundi 12 novembre 15h
"Ambiance croisière ce matin sur le pont ensoleillé de NIM quittant paisiblement l'archipel des Canaries sous une petite brise de nord : petite douche (à l'eau de mer) et un bon gros bouquin pour Pierre, menus bricolages pour Lalou. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, des guerriers nous sommes et nous le restons ; Negocéane à quelques miles devant n'a qu'à bien se tenir, que le vent se lève et nous ferons parler la poudre...
Merci pour les messages d'encouragement aussi sympathiques que variés. "
Pierre
Dimanche 11 novembre 17h
"Les iles exercent sur les marins une attraction vénéneuse. Ainsi nous sommes tombés dans le piège de Madère. Fascinés par les coups de projecteur célestes sur les collines de Porto Santo, par les sommets de l'île principale qui se découpent dans les nuages à près de 2000 m, par la silhouette de monstre marin de l'ile Deserta, nous n'avons pas compris que allions rester prisonniers, immobiles pendant 4 longues heures devant Funchal illuminée... Mais nous n'étions pas seuls, et quand le vent a repris vers minuit c'était une bonne dizaine de lucioles (des class 40 je présume) qui se sont mises à danser sur l'horizon. Au moins avons nous pu profiter de ce bienfait de la modernité, le halo électromagnétique qui entoure toute surface habitée : le fameux "réseau" qui nous fait ressortir nos téléphones et retrouver pour quelques heures nos reflexes de terriens...
Ce dimanche nous fêtons l'anniversaire d'une semaine de course... à nouveau dans la pétole, jusqu'à ce que le vent n'ait repris en début d'après midi, qui nous pousse désormais à 15 noeuds vers les Canaries, archipel que nous
devrions traverser dans la nuit, à condition que les sirènes locales ne nous retiennent pas cette fois.
Les Trinimboys "
Samedi 10 novembre 14h
"Que dire des dernières 24h ? Un vent oscillant entre E et SE 8 a 16 noeuds, on règle le bateau au mieux et, en attendant de passer Madère on s'interroge sur la meilleure option à prendre pour les Canaries.
A part ça TVB à bord. Temps couvert, parfois un rayon de soleil, mais température douce, ce qui nous permet de nous découvrir de quelques couches... On a chacun sorti un gros bouquin pour les temps moins occupés.
Je pense bien à tous ceux qui nous suivent depuis la terre, famille, amis, NIM (dream) team... Les encouragements que nous recevons nous font chaud au coeur ! "
Pierre
Vendredi 9 novembre 13h
"Bonjour a tous,
La nuit fut bonne avec 15 noeuds de vent sur une mer plate, conditions idéales. Ce matin le vent refuse comme prévu, nous obligeant à passer du grand genak au solent, puis 1 ris, puis trinquette. La vitesse s'en trouve réduite, après plusieurs heures à près de 20 noeuds, mais nous préférons ménager la machine, principalement pour préserver le système de barre. TVB a bord ! "
Pierre
Jeudi 8 novembre 07h
"Le bateau s’est remarquablement bien comporté. Il est très sain, et comme convenu, il n’a jamais enfourné malgré des départs en surf à 20/25 nœuds en travers de la vague ! C’était très chaud mais c’était très beau et bon ! Nous avons cassé quelques lattes, une petite pièce du système de retenue du safran, donc un peu de bricolage mercredi pour Pierre et moi ! Pierre est dans le match, c’est super ! Le top, c’est que malgré ces conditions, nous sommes à peine mouillés, et c’est très sain."
Lalou
Mercredi 7 novembre 16h
"Les heures se suivent et ne se ressemblent pas. Hier soir euphorie, avec des moyennes horaires de l'ordre de 20 nds, cette nuit désolation devant le cap Finisterre : par 40 noeuds de vent le safran central remonte sans qu'on lui demande et la barre de liaison vers le safran tribord explose. Sans barre dans une méchante mer au milieu du rail de cargos ! 12 heures plus tard nous finissons la stratification de la barre qui ne va pas tarder à être remontée. Mais les petits camarades ne nous ont pas attendus et nous voila dans la pétole...
A suivre "
Pierre
Mardi 6 novembre 17h
" Plus de 300 miles effectués ces dernières 24h, nous rentrons dans le vif du sujet et n'avons fait qu'une bouchée du Golfe de Gascogne (La Corogne à une centaine de miles à 16h30), avec une option consistant à empanner avant les autres la nuit dernière, en comptant sur une bascule à l'ENE devant les côtes espagnoles. Il faudra attendre le pointage au cap Finisterre pour en évaluer les dividendes.
Ambiance studieuse à bord : faire marcher le bateau (souvent au dessus de 20 noeuds quand le vent est de la partie), manger, dormir...
A+ "
Pierre



